Le Storytelling (1/2): Quand le cinoche s’incruste dans les films corpo !

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Wesh Roger ! Ça te dérange pas que je t’appelle Roger ? C’est court, c’est simple, c’est « catchy » comme on dit au Marketing. Et ça te dérange pas que je te tutoie non plus ?

Bon, j’ai hacké ce blog pour te causer de « Storytelling » donc ouvre grand tes esgourdes.

Lorsqu’une boite veut faire un film elle a deux options :

D’habitude, elle nous plante Michel le DG qui bafouille et qui transpire face à la caméra et elle le fait causer ou lire un prompteur. Et voilà Mich-mich qui nous raconte le dernier bilan compta par le menu, en roulant des yeux l’air paniqué.

L’option 2 c’est la « communication narrative » ou Storytelling.

Et là je t’entends rouspéter derrière ton écran, Roger, à t’exclamer : « Bon vazy balanssai keske c’est la steurytelling ?».

Donc j’ai envie de te dire « oui Roger , je vais te l’expliquer », mais d’abord tu vas baisser d’un ton et tu vas me soigner cette vilaine orthographe.

Le storytelling c’est l’art de raconter une histoire. Ouais ! Comme le père Castor, mais sans forcément mettre des mioches sur ses genoux (ça peut prêter à confusion…).

Depuis toujours les anciens se sont servis de récits pour essayer de t’expliquer la vie. Sûrement parce que les concepts « au naturel » la plupart des gens y comprennent que dalle, et que ça passe mieux avec un peu de fiction.

Bref, les histoires font que tu imprimes mieux ce qu’on te raconte, Roger. Comprendo ?

Pourtant, à un moment les pubars quand ils essayaient de te vendre un yaourt qui règle les problèmes digestifs (alors qu’il suffirait que t’y ailles plus molo sur le frometon…), ils se prenaient pas le chou : Un logo, une marque, un slogan et en voiture Simone. Le coté simple et direct c’était top street credibility : vrai et authentique (LOLOLOL)

Aujourd’hui, C’est plus le même topo. Le spectateur a fini par piger que la pub se payait un peu sa pomme. Et ça lui plait pas trop trop d’être pris pour une andouille.

Donc Roger, si tu veux lui faire piger quelque chose au public, faut pas que tu lui fasses la réclame pour de la lessive ou un yaourt au bifidus. Mais que tu lui transmettes les valeurs auquel tu crois ou au moins celles auxquelles t’as envie qu’il croit, lui.

On se comprend ? Et là Roger, je sens que tu doutes de moi, et franchement ça me fait de la peine. Tu te dis « quelles valeurs il peut y avoir derrière un fichu yaourt? ».

Je te l’accorde c’est pas évident tout de suite, mais tu vas piger.

Déjà tu mates ce qu’a fait Danone avec sa campagne pour Activia, « Femmes En Phase » :

Si tu as la flemme de cliquer sur le lien et de te coltiner la vidéo je te la résume : Pendant 2mn30 Danone ils te racontent l’histoire vraie d’Ingrid Silva, une galérienne des favelas de Rio et qui est devenue danseuse étoile. Tu vas me dire : « Mais personne ne devient une star en s’empiffrant du Bifidus actif à longueur de journée ».

Alors je te répondrai que 1) C’est pourtant vrai pour Mélanie Laurent (mais ça c’est une autre histoire)

et 2) Danone ils ont jamais dit que c’était en bouffant du yaourt qu’elle avait réussi.

On la voit pas en manger dans le film, et on n’y voit même pas l’opercule d’un ptit suisse. Par contre, on te montre l’histoire d’une nana « combative, persévérante, belle et solide ». et on y associe la marque derrière. Et toi (et surtout la ménagère de moins de 50 ans que tu es peut-être) se dit : « Ouah, Activia c’est pour les femmes combatives, persévérantes, belles et solides ». Et vu que tu as envie de te sentir belle, solide, et combative, bah t’achète le yaourt. Alors qu’on va pas se mentir, en vrai Activia c’est un yaourt pour celles et ceux qui ont du mal à aller sur le trône.

Et là tu viens de piger en quoi le storytelling c’est vachement plus vendeur que les messages comme on faisait avant.

La preuve par cette vidéo, qui est la pub version 90s pour le même produit.

et qui va te donner envie de te suicider les yeux en écoutant Michel Sardou.

« Mais alors Jaimie, le Storytelling, Comment ça marche? »

Et bien Roger, laisses moi te dire que «c’est pas Sorcier » (LOL), que je ne m’appelle pas Jaimie (Re-LOL) et que je suis bien content de tes progrès en orthographe (MDR).

D’abord t’essaye d’être bien clair sur ce que tu veux raconter. Hein Roger ? On va pas faire le même film si tu veux parler de la nouvelle photocopieuse connectée que tu as installé à la compta ou si tu veux annoncer que tu comptes instaurer une pause « Chavroux » tous les jours à 11h47 (ce qui pourrait expliquer tes ballonnements récurrents).

Par contre on peut causer ces deux choses sous la forme d’une fiction.

La photocopieuse ? Un bon film ambiance SF qui raconte l’histoire d’un Robot du futur venu coloniser/sauver/détruire la compta.

La pause Chavroux ? Un épisode façon Dr. House, ou un « médecin »/collaborateur blasé découvre que le service RH manque de Peps car ils sont en carence de fromage de chèvre (alors qu’en fait c’est parce que Patrick met une ambiance pourrie).

Une fusion de ta boite avec la Sofremap? Une comédie romantique façon Bridget et son journal.

Voilà Roger. On va s’arrêter là pour aujourd’hui car sinon tu vas louper « Des chiffres et des lettres », et on sait bien que t’es grognon quand ça arrive. Par contre si tu te repointes ici la semaine prochaine, je te filerai un ou deux conseils pour que tu la foires pas trop, ta fiction d’entreprise. Et on ne va pas se mentir, tout le monde sait que t’es un peu sur le fil au taf en ce moment. La preuve tu lis notre blog au lieu de bosser.

Je te fais des gros gros bisous.

 

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