Le Storytelling (2/2): Quand le cinoche s’incruste dans les films corpo.

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Coucou Roger ! C’est re-moi ! Alors t’as passé une bonne semaine ? À vrai dire je m’en tape un peu, puis c‘est pas comme si tu pouvais me répondre…

Reprenons donc où on en était resté. T’as enfin pigé que le Storytelling , c’était une arme canon pour ta com’. Mais comment faire pour qu’elle soit pas aussi foirée que le pot de départ de Jacqueline de l’accueil ?

Te bile pas je vais te filer deux trois trucs pour pas que tu passes pour un boloss (et accessoirement éviter de faire criser le dir. Com.)

Voici donc quelques règles à suivre :

Règle n°1 : On ne parle pas du Fight Club

Règle n°2 : On ne parle pas du Fight Club

Règle n°3 : Tu ne critiques jamais mes références cinématographiques

Règle n°4 : Contrairement à ce que prétend le groupe 20 fingers, Plus c’est court, meilleur c’est. Et ça te permet de garder quelques pièces jaunes pour Bernadette et David dans ton portefeuille.

Et puis bon… Tu crois vraiment qu’un bilan trimestriel ça mérite plus de 2mn toi ? (alors que t’as même pas fait l’effort de mater la vidéo de la danseuse jusqu’au bout la semaine dernière…)

Règle n°5 : On bosse le scénar. Y’a rien qui me mette plus les nerfs qu’une histoire bancale.

On sait bien qu’on va pas faire du Audiard, mais quand même. Une histoire c’est à minima des gentils qui se retrouvent en galère et doivent faire face à un antagonisme.

Cet antagonisme (hou le vilain mot compliqué), ça peut-être une personne (oui comme le méchant dans les films) ou une situation, un obstacle : comme dans 127h où l’obstacle c’est un gros rocher qui coince le bras du gentil randonneur. Attention spoiler : À la fin il doit se le scier au couteau suisse (de loin la meilleure comédie de 2010 !).

Bref sans conflit pas d’histoire. Et puis fait un effort Roger, si par-dessus on peut mettre un peu de comédie ou de suspens, ça mange pas de pain, et puis ça évitera que le spectateur retourne à sa partie de Candy crush au bout de 30s.

Règle n°6 : Roger, on soigne la réalisation ! Fichtre ! C’est pas parce que t’as pas le budget de Tarantino que t’es forcé de me bâcler le bazar. Y’a moyen de faire des trucs de ouf avec peu de matos. Pourquoi tu crois qu’il y’a un truc comme le Nikon film festival ?

Donc rappelle toi que la fiction a ses propres codes. Si ton film ressemble à la vidéo pourrie de tes dernières vacances à Palavas (ils ont failli fermer Youtube pour raisons sanitaires à cause de toi), tu vas te faire tèje direct.

Alors réaliser un film de fiction c’est pas mal de taf, donc je te ferai un autre petit tuto la prochaine fois à ce sujet. Mais puisque je te vois chouiner d’impatience, sache que les deux clés pour pas se planter c’est : 1) Bien préparer son film 2) Pas y aller avec le dos de la cuillère.

Car oui Roger. C’est ça l’inconvénient de la fiction, ça te change de d’habitude. Ah ça c’est sûr que Mich-mich la bafouille (tu sais le DG qu’on interviewe d’habitude), il va parler factuel : offre de service, différenciation, recrutement, plan d’épargne entreprise.

Ouais… c’est pas top glamour…

Mais quand il s’agit de mettre du fric sur la table pour un film où on va te filmer une fille en tutu à Rio pour te parler d’un yaourt, c‘est sûr que ça te fait flipper que les gens captent pas bien l’idée.
Mais, mon p’tit Roger, faut que t’acceptes de porter un message plutôt que de te porter toi-même (où ta boite !)

Et ouais mec ! Tu t’en tapes de voir les photos de vacances de ton beauf à Koh-Tao qui te raconte qu’il a bouffé du poulet citronnelle ! Et ben transpose ça aux autres : Ton offre de service, si ça intéresse quelqu’un, t’inquiète, il ira voir sur votre site web ou lira votre dernière plaquette. (D’ailleurs pense à revoir ton graphisme car là t’es vraiment en mode Hardcore-Fashion-Faux-Pas, ma chérie).

Donc Roger, si t’es pas prêt de passer le cap, il faut oublier le storytelling.

Oui les autres enfants se moquaient de toi quand t’osais pas sauter du grand plongeoir, mais là c’est différent : non ce n’est pas mal ni sale de faire des films corporates.
C’est juste différent, c’est comme si tu me demandais si je préfère la bière ou le pinard.

Je te réponds « ça dépend l’heure qu’il est… »

Bon, si tu continues à lire, c’est que t’es un déglingo Roger, prêt à faire péter l’audimat avec ta storytelling déjantée. Bien, je vais tenter de calmer tes ardeurs en te parlant gros sous.

Car oui, ça douille la fiction, enfin plus que le plan Reportage/interview avec Mich-mich.

Bah oui, c’est pas pour rien qu’on privilégie ça depuis 40 ans… On est pas des saucisses !

Je t’entends d’ici rouspéter, me parler de la crise des subprimes, du jeudi noir de 1929, et des 7% d’augmentation annuelle de Josette de la compta.

Pas de panique, c’est comme tout, avec de la bonne volonté, la Mullet de McGyver, et une bonne organisation, on finit toujours par boucler ses fins de mois.

Qu’est-ce qui coûte dans la fiction ? Essentiellement les ressources humaines, on passe vite fait de 3 à 6, 8, 10 personnes (voir plus si tu veux faire Hollywood au siège social). Qui dit fiction dit accessoires, costumes, décors et lumières.

Bien entendu y a toujours moyen de miser sur le système D, mais si tu veux recréer une scène de guerre époque poilus, ça risque de faire du job à tes équipes pour faire tous les vides greniers de la région.

Et globalement, c’est ni toi ni moi qui allons se coltiner ça tout seul, faut prendre les techoss qui vont bien (je te ferai un post bientôt pour expliquer qui fait quoi sur un plateau). Comme on se retrouve pléthore, bah forcément on a la souplesse d’un haltérophile slovaque.

Bon au-delà de faire le mariole avec l’équipe, tu sais ce qui pourrait être de la balle Roger ? Et bien c’est de faire tourner tes collègues ! Les inclure dans le cast. Hein ? Il serait pas bien Jean-Pierre avec sa moustache chelou dans le rôle du méchant ?

Et Sylvie ? Avoue que tu t’es déjà dit qu’elle est grave photogénique ! Plus t’en mets, plus après, ils seront trop fiers de partager ta vidéo sur Face-de-bouc. Ils vont être chauds comme la braise, puis ça va renouer les liens dans l’équipe (qui étaient au plus mal depuis l’apéro galette des rois d’après les fêtes). Et puis qui sait ? T’arriveras peut-être enfin à te pécho Sylvie ? C’est un deal Win-win-win !

Par contre force pas Michel à jouer le jeu s’il a pas envie. Ça changera rien au fait qu’il va se mettre à suer et bafouiller pendant le tournage et te pourrir tes scènes. Donc pour le casting que des pas trop coinços stp.

Voilà mon petit Roger, je crois qu’on s’est tout dit, et c’est déjà pas mal.

Pour récapituler : La prochaine fois que t’as envie de te faire un délire vidéo-camescope, pense fiction. Ça mettra un peu de fraicheur Narta dans votre com.

À toi le cinéma, à toi Hollywood. Tu vas pouvoir convaincre tout le monde que dans ta boite, vous êtes des winners !

Bref, si tu suis mes conseils et que tu fais tout d’équerre avec des gens qui savent s’y prendre, à vous les gros bénefs !

Gros bisous.

Simon

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